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Parution d'Objectif Languedoc-Roussillon, mai 2014

                      

Alors qu’Objectif Languedoc-Roussillon fête son centième numéro, il nous a paru important, et plus encore en temps de crise, de célébrer la centaine de décideurs qui tirent la région vers des jours meilleurs. Nul ne minimisera l’action des responsables de collectivités territoriales, institutions consulaires, organismes professionnels, et autres directions locales en faveur de la croissance de la région. Mais ce panel, reflétant notre perception du cours des choses, s’articule davantage sur les entreprises et les acteurs qui créent de la richesse tous azimuts, du chiffre d’affaires aux concepts innovants, du génie marketing à l’éthique verte. Un kaléidoscope tout en degrés d’excellence, à égrener comme un jeu des sept familles, dont le nombre s’imposait de lui-même.

 

 

LES INCONTOURNABLES


MOHED
ALTRAD (Altrad)

Dans une région où la construction tient une place centrale, Mohed Altrad fournit les ingrédients de base : les outils. Le groupe, qu’il a fondé il y a 25 ans, est le premier fournisseur national dans la vente et la location de barrières de sécurité, leader européen dans l’échafaudage, et leader mondial dans les bétonnières et brouettes. Ses partenaires et clients privilégiés se ramassent, à la pelle, dans le BTP, les industriels ou les collectivités. Présent dans plus de cent pays, employant 3 500 personnes, le groupe Altrad possède vingt usines dans le monde entier et fabrique 1 000 bétonnières par jour. La conjoncture dégradée affecte le BTP, plus que tout autre secteur, mais Mohed Altrad, né dans une tribu bédouine, a la peau assez dure pour savoir s’adapter. Fort d’un CA de 450 M€ en 2008, il peut se permettre de financer et poursuivre une politique de croissance externe exponentielle. Guy Noël, Vabor, Balliauw, Faradit, Famea ECA, Vedif, etc., les reprises et rachats opérés au cours des dernières années ne se comptent plus. La fusion en 2009 avec Belle Group, leader britannique de la bétonnière, a notamment permis à Altrad de poser un pied outre-Manche et de profiter de ses positions au Moyen Orient.

 

CHRISTOPHE CARNIEL (NETIA)

Fondateur de NETIA, spécialiste des logiciels pour la gestion et la diffusion de contenus audiovisuels, et président de Tranferts LR, Christophe -Carniel a pris une décision majeure en fusionnant en 2008 avec GlobeCast, filiale de France Télécom. Calcul stratégique : tout en conservant son autonomie administrative, NETIA peut s’adosser à un partenaire de poids tant commercialement que techniquement, et demeurer à la pointe d’un secteur où l’innovation reste, là encore, le maître mot.

 

DIDIER CHARPENTIER (Itesoft)

L’informatique bouge vite, et Itesoft suit le mouvement. À l’heure où le secteur se dématérialise toujours plus, l’éditeur de logiciels basé à Aimargues dans le Gard (CA 2008 : 17 M€) redouble d’efforts en R&D pour proposer un nouveau produit par semestre en moyenne. Positionné sur les solutions automatisées de traitement de documents papier, cœur de métier où il a longtemps conservé un avantage concurrentiel, il s’oriente désormais vers la dématérialisation du courrier entrant, ou « digital mailroom », tendance récente dont il est à nouveau un des fers de lance. Didier Charpentier a remanié sa stratégie commerciale pour labourer l’Europe, où il occupe 80% du marché en essaimant des filiales. Marché de niche, mais produits adéquats à l’heure - difficile - où les décideurs cherchent à optimiser leurs coûts. Les applications de simplification des process administratifs que développe Itesoft se traduisent, en effet, par des gains de performance et par un retour sur investissement rapide pour les entreprises. Didier Charpentier veut désormais se tourner vers l’Amérique et l’Asie, où tout bouge encore plus vite.

 

BERNARD JEANJEAN (Jeanjean S.A.)

La viticulture va mal et pourtant ce sont les Français qui investissent. Comme le démontre le groupe de Bernard Jeanjean, qui a récemment fusionné avec le Bourguignon Laroche. Le nouveau groupe pèse 200 M€ de CA, dont la moitié à l’international, mais l’essentiel reste la démarche d’un négociant--éleveur de vins régionaux, persuadé de la nécessité de restructurer la filière et d’élargir ses gammes de produits pour affronter une concurrence étrangère effrénée

 

GUY BASTIDE (Bastide Le Confort médical)

Incontournable sur l’assistance médicale à domicile, le groupe de Guy Bastide implanté à Nîmes profite du vieillissement de la population, mais aussi des facilités réglementaires qui en découlent. 65% de son activité est prise en charge par l’Assurance maladie, ce qui limite ses risques. Sur le reste, il doit batailler, car les établissements type maisons de retraite gèrent désormais en direct les budgets alloués par la DASS. Avec ses 800 salariés, il prouve que son expertise reste indispensable aux plus fragiles.

 

JEAN-MICHEL GERMA (La Compagnie du vent)

Filialisée par GDF Suez, mais toujours basée à Montpellier, la Compagnie du vent est une championne de l’énergie propre qui exploite un ensemble de 15 parcs éoliens, soit une puissance de 175 mégawatts. Ses effectifs bondiront de 120 salariés à 300 d’ici à 2012. Et si le développement off shore de l’éolien prend du retard, Jean-Michel Germa anticipe en se diversifiant dans le solaire photovoltaïque, où il veut installer 55 mégawatts d’ici à 2015.

 

GERARD COLOM (Cameron)

Le groupe américain Cameron, spécialisé dans la fabrication de têtes de puits de pétrole, a choisi de concentrer toute sa production de protecteurs anti-éruption et de conduits de forage sur son seul site de Béziers. Malgré les difficultés rencontrées en 2009, Cameron a soufflé sa 50e bougie. Avec 363 M€ de CA en 2008, il reste dans le peloton de tête des entreprises régionales les plus actives à l’étranger, aiguillonné par le directeur général de Cameron France, Gérard Colom.

 

PIERRE MESTRE (Orchestra)

Orchestra est devenue une marque leader dans le prêt-à-porter pour enfants, avec plus de 410 magasins dispatchés dans 51 pays, si bien qu’elle réalise 40% de son CA (131 M€ en 2008) à l’international. Mais pour rester compétitif sur un marché textile laminé par les Chinois, il faut innover. Pierre Mestre l’a bien compris en lançant Clubatcost, le seul site français permettant d’acheter des vêtements sans marge, à des prix environ 70% moins élevés qu’en boutique. Il se paie même le luxe d’inaugurer, au passage, un nouveau modèle économique pour la distribution sur internet. Cette nouvelle plate-forme, avec la marque Clubatcost, révélatrice de l’évolution à venir du groupe, à savoir la vente en ligne, est aussi la véritable rampe de Verchant. C’est pour aplanir cette nouvelle politique de développement que Pierre Mestre, créateur du groupe aux côtés de son épouse Chantal, a choisi de céder récemment la fonction de directeur général.

 

LES VALEURS SÛRES

 

DIDIER BARRAL (Pôle Sud)

L’été venu, Didier Barral devient notre meilleur ami. Sous la marque Pôle Sud, sa société Sud Régal, basée à Lézignan-Corbières (Aude), s’est imposée comme une référence dans la fabrication de glaces et sorbets pour la restauration. Près de 4 millions de litres sont produits chaque année, déclinés en 250 parfums, très novateurs pour la plupart, et dégustés en France comme en Espagne, en Grande Bretagne et aux États-Unis. À la clé : 32 M€ de CA en 2008. Foie gras, homard, roquefort, et on en passe : ces saveurs ne sont plus réservées aux seuls réveillons. C’est la pari remporté par Didier Barral sur le marché des nouveaux parfums. Comme d’autres pionniers retenus dans ce dossier, il offre l’exemple d’un secteur qui, tout en restant attentif aux standards de fabrication, à la sélection de ses matériaux (ou ingrédients), sait aussi devancer l’évolution des modes de consommation. Cerise sur le vacherin, Didier Barral, décideur de l’année des Grands Prix Objectif 2007, est aussi devenu le président de l’ARIA LR (Association des industries agroalimentaires), désireux de s’impliquer dans le devenir de la filière agro-alimentaire et la diffusion des bonnes pratiques.

 

AGNES JULLIAN (Technilum)

Agnès Jullian (Décideur de l’année 2008 des Grands Prix Objectif) aime l’art, au point de lui consacrer une partie de son argent, par le biais d’importantes actions de mécénat. Au point d’inclure dans son cœur de métier, la fabrication de mobilier urbain d’éclairage, une recherche créative évidente. Elle propose cinq nouveaux produits par an, dont certains déclinés dans une véritable scénographie. Elle vient de faire son entrée en politique aux côtés de Georges Frêche pour les élections régionales.

 

BERNARD SAUVAIRE (Yelloh ! Village)

Le tourisme est un moteur de l’économie régionale, mais il ne le restera qu’à la condition d’évoluer. Bernard Sauvaire l’a bien compris. En inaugurant le camping quatre étoiles, il a inventé le produit rêvé des vacanciers désireux de se distancier du bruit et de la promiscuité. En investissant toujours plus dans le haut de gamme, avec déjà une quarantaine de campings dans sa besace, Yelloh ! Village est bien parti pour conserver son taux de croissance de 10% annuel.

 

ROBERT GUICHET (Pyrescom)

Il est lui aussi un héraut régional de l’innovation car sa société conçoit et commercialise depuis 25 ans des solutions électroniques de traçabilité et de gestion des temps, en opérant en France, en Espagne et dans le Maghreb. Robert Guichet met aussi son énergie au profit du G16, un groupement des principaux industriels des Pyrénées-Orientales pour aider la diffusion des bonnes pratiques et offrir un soutien aux démarches export.

 

LES BATISSEURS

 

FRANÇOIS FONTES (Fontès Architecture)

Rien ne résiste au visionnaire François Fontès, l’architecte-urbaniste dont la griffe habille le lycée Jean-Monnet, le quartier Jacques-Cœur à Port-Marianne… Même pas Rê le Dieu soleil. Fontès vient de créer la société Art Solar, il entend conceptualiser le photovoltaïque autour de serres agricoles élaborées à l’image du Land Art, dans le Gard et au Salagou. Avec Jean Nouvel et Alexandre Allard, il a récemment relancé la revue L’architecture d’aujourd’hui.

 

ALEXANDRE VACHET (Union Matériaux)

Le trentenaire Alexandre Vachet a repris Union matériaux, la société familiale, en 2008. Avec la récente reprise du Nîmois Gervais matériaux (mai 2009), le groupe Union Matériaux basé à Montpellier a réussi une implantation dans le grand Sud-Est de la France (Hérault, Gard, Aude, Pyrénées-Orientales, Vaucluse, Bouches-du-Rhône). Il pèse 140 M€ de chiffre d’affaires avec près de 500 salariés. De quoi rester confiant pour 2010.

 

MARIE-FRANÇOISE FONDEVILLE (SA François Fondeville)

La directrice générale peut être fière de cette PME familiale régionale centenaire basée à Perpignan, (Pyrénées-Orientales), compétente en bâtiment et génie civil. Une nouvelle agence montpelliéraine réuni cent cinquante personnes. Parmi les réalisations : le stade Yves-du-Manoir à Montpellier, le lycée Rosa Luxembourg à Canet-en-Roussillon ou à Perpignan, le four solaire d’Odeillo et le théâtre de l’Archipel. En chiffres : 410 personnes et 1,8 M€ de CA en 2008.

 

JEAN-PIERRE MARTIN (Bec-Frères)

Ce centralien P-dg de Bec-Frères basé à Saint-Georges-d’Orques (34) est dans l’entreprise familiale depuis trente ans. Bec-Frères, filiale depuis 2002 du Girondin Fayat Group (numéro 4 français des TP) est leader du BTP en région. Si Bec est présent dans tout l’hexagone, Jean-Pierre Martin l’a accompagné jusqu’au Nigeria il y a vingt ans, puis a développé la technique « du béton compacté au rouleau » pour la construction de barrages, une première en Europe. Jean-Pierre Martin ne manque pas de projets : ligne 3 du tramway (Montpellier), le confortement des digues du Lez, l’A 75 et l’A 750... La ligne Grande Vitesse Rhin Rhône, la liaison Sud Europe Atlantique, la gare de péage frontière de Biriatou, l’extension de la ligne 4 du métro parisien, le réacteur nucléaire à Cadarache, chantier de plus de 100 M€ réalisé avec d’autres entités du groupe Fayat, l’exploitation de carrières en Malaisie… Pour l’heure, Bec fonde des espoirs sur les lignes TGV de Tours à Bordeaux, de Metz à Strasbourg, du Mans à Rennes et de Nîmes à Montpellier, un ensemble de 600 km de TGV, soit près de 100 millions de m3 de terrassement et près de 1 000 ouvrages d’art. (Effectif : 1 100 salariés, CA consolidé 2009 : 191 M€).

 

LES INNOVANTS


STEPHANIE
GOTTLIB-ZEH (Techsia)

Elle s’adresse rien moins qu’aux rois du pétrole. Ou plutôt aux plus grandes compagnies pétrolières mondiales. De thésarde en géophysique appliquée à l’université de Montpellier, Stéphanie Gottlib-Zeh est devenue P-dg de Techsia, sans doute la plus belle réussite régionale en matière d’innovation. Consécration suprême, sa PME spécialisée dans les solutions informatiques pour la recherche de gisements pétroliers (53 salariés, 10 MÄ de CA en 2008) vient d’être rachetée par Schlumberger, le groupe franco-américain de services pétroliers. Société montpelliéraine, Techsia développe, en effet, des logiciels très pointus pour l’étude de caractérisation des sols et des fluides. Excellente communicatrice, Stéphanie Gottlib-Zeh a su mettre en avant son parcours. Pour réaliser sa thèse, elle a travaillé durant trois ans au centre d’étude et de recherche d’Elf Exploration-Production à Pau (64) où elle a rencontré sa collaboratrice, Carine Gourbail, diplômée de Sup de Co. Ensemble, elles se lancent dans l’entrepreneuriat. Lauréate du concours de l’Anvar (future Oséo) dans la catégorie Prix Spécial Thésard en 1999, la jeune femme ne s’arrêtera plus.

 

STEPHANE CHEMOUNY (Intrasense)

Rien ne prédisposait Stéphane Chemouny à créer une société. Après une formation en analyse d’images dans le domaine des explosifs dans les aéroports, il reprend ses études (DEA puis doctorat) au Lirmm à Montpellier. Ses travaux répondent à une demande du centre anticancéreux de Montpellier. Comme personne dans la recherche publique ne souhaite prendre la suite, il se lance avec succès dans le transfert technologique. En 2004, il crée Intrasense qui développe des logiciels destinés aux spécialistes de l’analyse d’images médicales. Son logiciel, Myrian, récupère les images en provenance de scanners, IRM, échographes ou radio et propose à l’utilisateur de nombreux outils d’analyse et de diagnostic. Forte de 51 salariés, Intrasense travaille sur un projet ambitieux d’évaluation de l’efficacité des traitements anticancéreux.

 

STEPHANIE GIRAUD (Urbasolar)

Elle a su capter l’air du temps et être là où il fallait au bon moment. Stéphanie Giraud, ex-cadre sup chez BP de 36 ans, a fondé Urbasolar en 2006 à Montpellier. Après seulement trois ans d’activité, sa société affiche une santé insolente : 40 M€ de CA et 50 salariés. Urbasolar est même leader français des applications photovoltaïques intégrées au bâtiment. Elle installe des panneaux solaires sur les toits des bâtiments industriels. Son produit phare : une membrane que l’on déroule comme un tapis !

 

STEPHANE MARCEL (Neotic)

Son projet entrepreneurial est né au sein de l’école d’ingénieur Sup Agro Montpellier. En créant un progiciel de pilotage de l’information pour les exploitants agricoles, Stéphane Marcel posait sans le savoir les bases d’une véritable success--story. Fondée en 2001 avec trois autres anciens élèves, sa PME est très vite devenue une belle référence régionale qui emploie 40 collaborateurs. Leader sur son marché de l’édition de solutions informatiques pour les filières agricoles, Neotic cumule les reconnaissances en matière d’innovation et vient même d’obtenir le plus haut niveau de certification dans le programme de partenariat de Microsoft. Son progiciel, Agreo, développé via les nouvelles technologies de l’information et de la communication, s’adresse aux acteurs des secteurs agricole et agroalimentaire qui souhaitent faire de la gestion de production et de traçabilité. Ses objectifs sont de rayonner dans l’Europe et en Afrique du Nord. Ses clients sont déjà répartis dans plus de dix pays.

 

ROMAIN LOTOUX (Oktalogic)

Romain Lotoux aime que les objets communiquent. Ingénieur en sciences et technologies des matériaux formé à Polytech Montpellier et docteur en physique, il a travaillé pour la société Nemoptic avant de créer Oktalogic en 2005 avec François Catagna et Stéphane Pomiès. Leur société de 20 salariés développe des solutions de communication en temps réel et sans fil entre machines. À travers son offre Trageo, Oktalogic démontre son savoir-faire avec une offre de géolocalisation de
véhicules en temps réel. Là où la concurrence annonce des rafraîchissements toutes les 3 minutes, elle offre des positionnements toutes les 30 secondes !

 

LAURENT TATON (Nosibay)

Ingénieur expérimenté dans les technologies de communication, Laurent Taton a déjà créé plusieurs sociétés quand il fonde Nosibay en 2004 à Montpellier. Son idée : proposer aux passionnés de Formule 1 une application qui leur permette de suivre en temps réel actualités et compétitions depuis leur bureau tout en continuant à travailler. Son équipe de 13 salariés propose désormais des solutions novatrices d’e-marketing sur les marchés européens permettant la diffusion et la valorisation de contenus personnalisés auprès des internautes individuels.

 

ALIX ROUMAGNAC (Predict Services)

Se prémunir des inondations est devenu un enjeu crucial. En France, elles ont fait 138 victimes depuis 1988. Leur coût annuel est estimé à 262 millions d’euros. Alix Roumagnac, ingénieur ahydrologue de Polytech Montpellier, l’a bien compris. En 2006, il crée donc Prédict Services à Montpellier pour proposer aux communes un service innovant d’aide à la décision de la gestion du risque inondation. Trois actionnaires se sont penchés à parts égales sur le berceau de la PME : Météo France, Infoterra France qui apporte son savoir-faire informatique et spatial, et BRL sa compétence hydraulique et hydrologique. Prédict Services élabore des plans communaux de sauvegarde, aide à la décision pour la mise en œuvre de ces plans et analyse les dégâts consécutifs à une crise pour améliorer les processus. Via une web conférence disponible 24h24 et 7j/7, les communes visualisent et suivent en temps réel l’évolution de la situation hydrologique et de leur risque inondation. Predict Services prévoit d’atteindre 1,45 M€ de CA en 2011 avec 12 salariés. Elle a déjà établi des contacts au Brésil, au Maroc, en Tunisie et au Vietnam.

 

 

LES TRIBUS

 

LES SPANGHERO (Spanghero S.A.)

Leur nom est à jamais associé à la légende du rugby. En particulier, pour Walter, dixit L’Homme de fer, 52 sélections internationales au compteur, et pour Claude, deuxième ligne de l’équipe de France. Les six frères ont, en fait, tous taquiné le ballon ovale à des degrés divers. Mais, les Spanghero, ce sont aussi les cassoulets de Castelnaudary (Aude) depuis les années 70. L’établissement, fondé par Claude et Laurent, qui emploie 360 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 68 M€, est tombé depuis peu dans l’escarcelle du basque Lur Berri. Mais, un Spanghero (Jean-Marc, le fils de Laurent) en est toujours le directeur général. Les six frères sont pratiquement tous devenus des chefs d’entreprise, à l’exception de Jean-Marie qui a repris l’exploitation agricole du paternel immigré d’Italie. Si Walter a ainsi été propriétaire d’une agence de location de véhicules, Gilbert travaille pour le leader des tuiles, Guy est à la tête d’une société de négoce agroalimentaire et Claude a créé sa propre société, Castel Tradition, spécialisée dans les plats cuisinés haut de gamme. Et la succession est assurée ! Sa fille, Vanessa, vient de créer une épicerie fine en ligne, « Mademoiselle Spanghero », et a ouvert une boutique à Paris.

 

LES CAPELLE (Transports Capelle)

Ce sont les leaders français des transports spéciaux (matières nucléaires, explosifs, etc). Leurs -lettres de noblesse, ils les ont acquises en transportant les ailes de -l’Airbus A380 et les poutres métalliques du viaduc de Millau. Dirigé par Daniel Capelle et son fils, Jean-Daniel, le groupe a essaimé partout en France. On est bien loin de l’époque de la fondation aux Salles-du-Gardon (Gard), en 1950, où le grand-père était l’unique conducteur…

 

LES LORMAND (Roussill’Hôtel)

Tout a commencé par un petit hôtel à Argelès-sur-Mer (66), dans les années 60. Un demi-siècle plus tard, Guy Lormand est à la tête d’un empire, Roussill’Hôtel, qui gère une dizaine d’hôtels-restaurants et résidences de tourisme, mais aussi une blanchisserie industrielle, une agence immobilière et de communication. Ses quatre enfants sont à des postes-clés du groupe. Parmi eux, Xavier, le patron des Flamands Roses, le centre de thalasso de Canet-en-Roussillon.

 

LES GUASCH (Guasch et fils)

De Bernard, on connaît surtout le défenseur acharné du rugby à XIII, patron des Dragons Catalans, l’unique club français à jouer en professionnel dans la Super League anglaise. Mais il est aussi à la tête d’une importante entreprise de découpe, transformation et promotion de viandes (140 personnes, et 30 M€ de CA). Depuis sept ans, ses fils Stéphane et Maxime l’ont rejoint. L’un au commercial, l’autre à la production.

 

LES ESTHETES

 

DOMINIQUE IMBERT (Focus)

Ce sexagénaire artiste et chef d’entreprise installé à Viols-le-Fort (34) vit pour l’art, même si la marque de cheminée Focus, dont il a la paternité, est connue dans le monde entier. Créateur au caractère bien trempé, Dominique Imbert a bouleversé les canons de la cheminée traditionnelle. Tout a commencé lorsque suite à son départ de Paris à la fin des années 60, il s’installe à Viols-le-Fort pour sculpter sur métal dans une ruine transformée en maison-atelier. Sa première cheminée, la dénommée Antefocus, il l’a construite pour lutter contre le froid. Lorsqu’il crée Gyrofocus, second modèle de la marque, l’affaire est lancée. Une trentaine de personnes travaillent désormais sur le site héraultais et une cinquantaine dans la filiale de Cavaillon (84) si bien que la société atelier Dominique Imbert, dont Focus est la marque, figure au palmarès des plus jolies entreprises indépendantes. Avec un chiffre d’affaires dépassant les 11 M€, les récompenses accompagnent ce parcours hors norme. Grâce à la beauté de ses lignes, le Gyrofocus vient d’être élu « plus bel objet du monde » au concours de design Pulchra. Fait insolite, l’objet a été enseveli dans un jardin public près de Gènes (Italie).

 

JEAN-MARIE SEVESTRE (Sauramps)

Cet ex-étudiant en droit et en lettres a intégré la librairie Sauramps à Montpellier pour payer ses études et en a fait la plus importante librairie indépendante de l’hexagone. Ce P-dg dirige la librairie du Triangle (1600 m²), la librairie jeunesse Polymôme (450 m²), la librairie d’art du Musée Fabre (150m²), mais aussi la librairie Sauramps à Alès (30) et celle d’Odyseum (2000 m²). Soit un chiffre d’affaires de 20 M€ et un effectif d’une centaine de personnes.

 

HENRI ROUVIERE (Arscènes)

Cet architecte scénographe fonde Arscènes (architecture-muséographie-scénographie) en 1990, et préside depuis peu Opéra Junior. À Montpellier, il a participé à la conception d’Agropolis Muséum, du planétarium Galilée, de l’aquarium Mare Nostrum, de la Halle du Verre à Claret (34). En 2010, des projets sont engagés avec la Cité des artistes La Panacée, la Cité internationale de la danse et le musée de l’histoire de France en Algérie. Avec six salariés, il réalise un CA de 762 000 €.

 

GILLES GOUJON (Auberge du Vieux Puits)

Ce Berrichon d’origine a fait de l’Auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse (11) un lieu incontournable avec deux étoiles au Michelin. Formé à La Compagnie du Midi à Béziers, il décroche le titre de meilleur apprenti de la région en 1977. En 1996, il est un des meilleurs ouvriers de France. En 2009, il obtient cinq toques dans le GaultMillau devant les frères Pourcel (4 toques) et Michel Bras à Laguiole (3 toques).


LES JEUNES POUSSES

 

ALAIN MOLINIE (Awox)

C’est un « serial entrepreneur » bien connu dans la région. Ingénieur formé à l’ESIM (École supérieure d’ingénieurs à Montpellier) et titulaire d’un Master à Columbia (NY), il a débuté sa carrière aux États-Unis avant de fonder la société Smartcode Technologie à Montpellier, où il a pris la direction de Palm Computing Europe. Son nouveau bébé, Awox, crée des réseaux domestiques sans fil. Le but est de fournir une interconnexion facile entre tous les produits électroniques présents dans nos foyers et de tout piloter avec une simple télécommande.

 

FRANCK LOPEZ (Earsonics)

Sur scène, chaque musicien utilise des oreillettes miniatures (appelées in-ear) pour s’entendre et entendre les autres artistes. Ne trouvant pas d’in-ear respectant tous les registres sonores, le bassiste et guitariste Frédéric Lopez, installé à Clapiersa (34) s’est mis à construire ses propres retours. Très vite, les commandes affluent. Elaborées à la main à partir d’une empreinte réalisée par un O.R.L. ou un audioprothésiste, ses in-ear équipent désormais les plus grands artistes français.

 

MIREN LAFOURCADE (Nout)

Cet ex-ingénieur en génie logiciel de PCSoft, titulaire d’un MBA à Sup de Co de Montpellier et Birmingham University, a de sérieux atouts pour que sa start-up montpelliéraine se fasse une place au soleil dans le domaine des logiciels de gestion intégrés (ERP), souvent longs et coûteux à mettre en place. Son credo : l’absence de programmation. Miren Lafourcade propose aux entreprises une solution ne requérant que quelques jours de paramétrage.

 

CLAUDIA ZIMMER (Aquafadas)

La communauté des utilisateurs d’Apple ne connaît pas encore son nom mais elle utilise déjà ses produits : Ave!Comics pour visualiser des bandes dessinées sur portable, iDive pour répertorier des vidéos, ou encore BannerZest pour créer des bannières au format Flash. Derrière ces inventions commercialisées par Aquafadas se cache une jeune et brillante architecte, fanatique de Mac. De l’avis général, elle a créé la nouvelle pépite de l’économie régionale. Professeur à la prestigieuse London School Of Economics, urbaniste spécialiste de la communication graphique, Claudia Zimmer s’est associée à Matthieu Kopp, centralien, docteur en astrophysique, expert en calculs de risques dans les marchés financiers. La capitale britannique était trop pluvieuse pour eux. Montpellier a su les convaincre de créer Aquafadas au soleil. Une quinzaine de passionnés de Mac les ont rejoints à Montpellier pour développer des logiciels et applications qui facilitent la vie des passionnés d’appareils nomades. À l’heure où les images et les vidéos numériques remplissent disques durs et DVD, Aquafadas invente des solutions de gestion et de présentation de leurs souvenirs.

 

Dossier réalisé par Gwenaelle Guerlavais, Anthony Rey, Anne-Isabelle Six et Christelle Zamora

Objectif Languedoc-Roussillon

http://www.objectif-lr.com/languedoc-roussillon/